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lundi 1 août 2011

La rentrée approche

Déjà la rentrée qui pointe le bout de son nez... (désolé, les écoliers!)

Pour se consoler, quelques bonnes nouvelles.

Printemps, de Mons Kallentoft, devrait sortir en septembre. En France, du moins, car au Canada nous attendons toujours Automne...
En format poche Hiver va paraître chez Points en octobre.

Une Suédoise, Ann Rosman, va être publiée en septembre chez Balland avec La fille du gardien de phare. Je ne sais rien de ce roman, mais Camilla Läckberg lui a fait un peu de pub sur son blog l'an dernier.

Autre premier roman, autre découverte made in Sweden, Olle Lönnaeus s'en vient chez Liana Levi avec Ce qu'il faut expier. Pour une fois j'ai de l'avance, le billet est déjà fait!

Helene Tursten sera également au menu avec un nouveau roman chez Lafon: Le silence des corps. Le livre est prévu pour novembre.

Je n'ai pas de date précise mais Arnaldur Indridason va nous faire une petite surprise avec Betty, toujours chez Métailié. Sauf erreur de ma part il s'agit d'un Arnaldur "d'avant Erlendur", donc sans lien avec sa célèbre et excellente série policière.

Super bonne nouvelle pour les aficionados d'Åke Edwardson et son commissaire Winter. La série s'est terminée (temporairement?) avec Le dernier hiver, mais le cinquième épisode des aventures d'Erik Winter n'avait pas encore été traduit! Ce sera bientôt chose faite avec Le ciel se trouve sur Terre, chez Lattès.

Lars Kepler revient aussi avec un deuxième roman mettant en scène Joona Linna: Le pacte, dans la collection Actes Noirs. Pas de doute, il sera très attendu.

Le duo Roslund & Hellström nous proposera début octobre L'honneur d'Edward Finnigan, aux Presses de la Cité, tandis que Box 21 sortira en poche chez Pocket.

En poche encore, paraîtront cet automne le sombre bijou Bonne nuit, mon amour d'Inger Frimansson (Livre de Poche), et La princesse du Burundi de Kjell Eriksson (Babel).

mardi 5 avril 2011

Erik Winter a-t-il vraiment dit son dernier mot?

Gunilla Wedding (*) est toute contente: Åke Edwardson n'en a peut-être pas fini avec Erik Winter! Selon Wedding, l'auteur a déclaré en entrevue qu'il s'était un peu trop attaché au commissaire le plus chic de Suède pour le laisser définitivement tomber...

Pour le moment Edwardson est retourné au roman "classique" mais il envisage un come-back dans le monde du polar. Pas l'an prochain, mais peut-être en 2013.

Gunilla Wedding y croit dur comme fer. L'adresse de sa page est on ne peut plus claire: "/winter-de retour-en 2013"!

À la place d'Edwardson j'éviterais de contrarier la dame...


(*) Membre de la Svenska deckarakademin, rédige des chroniques culturelles pour le journal Skånska Dagbladet. Spécialiste du polar et grande amatrice de littérature policière britannique.

mardi 15 juin 2010

Chambre numéro 10 - Winter à l'hôtel


Chambre numéro 10 (titre original Rum nummer 10), Åke Edwardson, 10/18, 2008, 502 pages (première édition JC Lattès 2007). Traduit du suédois par Marie-Hélène Archambeaud.

Pas mal, cette 6e aventure du commissaire Erik Winter, le plus dandy des flics suédois. En VO il s'agit toutefois de la septième: voir le récapitulatif de la série.

Winter est presque joyeux. Enfin, disons qu'il semble un peu moins dépressif. Il est l'heureux papa de deux petites filles et vit toujours avec la belle Angela. Pendant que sa petite famille se dore au soleil de la Costa Blanca, Winter enquête sur une mort mystérieuse et poursuit sa longue rumination sur l'état de la société suédoise en général et de sa ville, Göteborg, en particulier.

Tout commence dans la chambre numéro 10 de l'hôtel Revy. Un établissement à la réputation un peu douteuse. Le personnel y découvre le corps de la jeune Paula Ney. Elle est morte pendue, sa main droite a été peinte en blanc. Elle laisse une lettre. L'hypothèse du suicide ne tient pas longtemps la route.

La longue, très longue traque de l'assassin commence.

Pour Winter, la mort de Paula Ney dans la chambre numéro 10 ravive des souvenirs. Près de vingt ans auparavant, alors qu'il était un petit nouveau au sein de la police criminelle de Göteborg, il avait enquêté sur la disparition d'une femme, Ellen Börge. Ellen n'a jamais été retrouvée, mais les policiers avaient découvert à l'époque qu'elle était passée par cette même chambre, dans ce même hôtel. Est-ce une coïncidence?

* * *

Comme d'habitude, le rythme du récit est (très) lent. Les dialogues sont nombreux, les personnages se passent la balle avec brio. Ils s'engueulent, se lancent de petites vannes, ou réfléchissent à haute voix.

Puisque Winter se souvient de la lointaine affaire Börge, certains passages se déroulent dans le passé. Ces paragraphes s'insèrent dans le récit principal et ne sont signalés que par un simple saut de ligne. Mieux vaut être attentif.

L'intrigue est suffisamment complexe pour donner du fil à retordre aux lecteurs. Un bon "petit" Winter.

vendredi 14 mai 2010

Quelques parutions prochaines et une nouveauté

À paraître prochainement au format poche :

Hiver arctique, d'Arnaldur Indridason, chez Points, ISBN 9782757816899 (fin juin)

L'inconnu du Nord, d'Anna Jansson au Livre de Poche, ISBN 9782253133735 (juin)
Si ma mémoire ne me joue pas des tours, Anna Jansson situe ses histoires sur l'île de Gotland (comme Mari Jungstedt). Il s'agit de son premier roman traduit en français.

Mise à jour: un nouveau roman signé Anna Jansson devrait arriver dans pas très longtemps aux éditions du Toucan (en grand format, donc). Titre: Le pacte boréal, ISBN 9782810003778 (en juin ? cet été ?)

Et en grand format nous devrions découvrir à l'automne :

Le septième fils, d'Arni Thorarinsson, chez Métailié, ISBN 9782864247241 (fin septembre).

Le dernier hiver, d'Åke Edwardson, chez Lattès, ISBN 9782709633499 (septembre).
Ce sera la dernière aventure du déprimant Erik Winter. À noter que la VF perd, inévitablement, le jeu de mot du titre suédois: Den sista vintern (Le dernier hiver / Le dernier Winter).

* * *

Dans l'immédiat le quatrième Camilla Läckberg est arrivé dans les librairies : L'Oiseau de mauvais augure et sa drôle de couverture très "Actes Noirs" attend les fans du célèbre couple d'enquêteurs (Erica ne fait toutefois pas grand-chose dans ce volume). J'ai consacré un billet à la version originale (Olycksfågeln) il y a quelques mois de ça. Le souvenir que j'ai gardé du bouquin: des personnages souvent intéressants et une histoire agréablement distrayante, entachée de quelques invraisemblances irritantes.

dimanche 18 avril 2010

Un cri si lointain - Autopsie d'un neurasthénique

Un cri si lointain (titre original Rop från lång avstånd), Åke Edwardson, 10/18, 2004, 520 pages (première édition JC Lattès 2003). Traduit du suédois par Anna Gibson. Deuxième enquête du commissaire Erik Winter.
- Alors mon cher Zig, qu'as-tu pensé de ce roman?
- Que dis-tu?
- Un cri si lointain, qu'en as-tu pensé?
- Que peut-on penser d'un cri...
- Qu'il est proche. Ou lointain.
- Ou trop faible pour être entendu par les secours?
- Oui.
- Je ne sais pas. Je...
- Tu n'as pas aimé.
- Quoi?
- Tu as détesté, avoue-le. Vas-tu avouer?
- Calme-toi, Zag. Tu te trompes.
- Donc tu as aimé.
- Tu simplifies, comme toujours.
- Je ne vois vr...
- [l'interrompant] Il fait chaud encore aujourd'hui.
- Oui.
- L'air brûle les poumons.
- Et les cerveaux, Zig, et les cerveaux.
- Est-ce qu'il reste du café?

Voilà à quoi pourrait ressembler le début d'un billet sur Un cri si lointain, rédigé sous la forme d'un petit dialogue "à la Winter".

La lecture de ce bouquin m'a rappelé quelques films vus il y a une centaine d'années (environ) dans le cadre d'une rétrospective Ingmar Bergman. Le polar d'Edwardson est sans doute le plus "bergmanien" des romans que j'ai eu l'occasion de lire depuis l'ouverture de ce blog. Ce n'est pas nécessairement un compliment, et certainement pas un reproche. Mais le lecteur a un petit effort à fournir. Il faut accepter de s'immerger dans l'histoire (lente) et les ruminations (fréquentes) du plus neurasthénique des enquêteurs scandinaves. À côté d'Erik Winter, Erlendur Sveinsson est un jovial boute-en-train...

Au départ, il y a bien sûr un cadavre. Celui d'une femme dans la petite trentaine. Blonde. Inconnue. Abandonnée dans un fossé, quelque part à l'est de Göteborg. Erik Winter interrompt ses courtes vacances (bien que riche, il s'ennuie très vite) pour commencer une longue enquête sur la mystérieuse femme et son passé. Un élément inquiétant est révélé par l'autopsie: la victime a eu au moins un enfant. Qui et où sont-ils?

* * *

L'intrigue ne manque pas d'intérêt, mais les 520 pages du récit abordent bien d'autres sujets. À commencer par le flic, Winter, que l'on suit jusque sous la douche (l'été suédois est toujours caniculaire... dans les polars). Il s'habille chic grâce à Armani, Cerutti, Tutti Quanti, mais il n'y a rien de chic dans sa façon de voir le monde qui l'entoure.

"Les lumières de la ville se devinaient vingt kilomètres plus loin à travers la pluie fine et la matinée grise, comme de la pisse sur une neige sale."

Ses déboires amoureux sont assez amusants (si on les compare au reste du récit). Angela veut une vraie vie de couple, Winter ne souhaite pas changer ses habitudes de célibataire et s'accommode très bien de leurs rencontres épisodiques. Il se transforme en anguille dès qu'Angela aborde la question. C'est un champion de la réponse monosyllabique et du changement de sujet.

Pour un flic comme Winter, toute festivité est cause de problèmes, toute manifestation une source de désordre et de violence. La vue d'une pancarte de revendication provoque chez lui une crise de pessimisme. En fait, il ne rate jamais une occasion de méditer sur l'état de délabrement de la société suédoise. On retrouve ici la thématique "critique sociale" tant appréciée chez les auteurs de polars scandinaves, mais poussée à un degré tel qu'elle perd parfois de sa pertinence. Un passage m'a quelque peu agacé: un immigrant kurde dont la demande d'asile a été refusée prend un enfant en otage (on trouve une scène très semblable au début du Misterioso d'Arne Dahl). Un événement de ce genre a peut-être eu lieu en Suède à cette époque (Un cri si lointain a été publié en 1998, Misterioso en 1999) mais le désir de dénoncer l'indifférence bureaucratique des institutions suédoises aboutit finalement à une caricature... des Kurdes.

Ces petites maladresses ne doivent pas cacher l'essentiel: un polar lent et lourd qui plaira aux amateurs de spleen policier.

jeudi 14 janvier 2010

Séries - Åke Edwardson

code couleurs: suédois / français / anglais
Éditeur français = Lattès

Série Erik Winter (10 ouvrages, série terminée... mais peut-être pas! mise à jour avril 2011)
  1. Dans med en ängel, 1997 (*) / Danse avec l'ange, 2002/ Death Angels, 2009
  2. Rop från långt avstånd, 1998 / Un cri si lointain, 2003 (billet) / The Shadow Woman, 2010
  3. Sol och skugga, 1999 / Ombre et soleil, 2004 / Sun and Shadow, 2005
  4. Låt det aldrig ta slut, 2000 / Je voudrais que cela ne finisse jamais, 2005 / Never End, 2006
  5. Himlen är en plats på jorden, 2001 (*) / Le ciel se trouve sur Terre, 2011 / Frozen Tracks, 2007
  6. Segel av sten, 2002 / Voile de pierre, 2006 / Sail of Stone, 2011
  7. Rum nummer 10, 2005 / Chambre numéro 10, 2007 (billet)
  8. Vänaste land, 2006 / Ce doux pays, 2007
  9. Nästan död man, 2007 / Presque mort, 2009
  10. Den sista vintern, 2008 / Le dernier hiver, 2010

(*) prix du meilleur roman policier de l'année (décerné par la Svenska Deckarakademin).


Curiosité: Edwardson a écrit deux polars avec pour personnage principal un certain Jonathan Wide, ex-flic, détective privé opérant lui aussi à Göteborg: Till allt som varit dött (1995 - meilleur premier roman policier de l'année selon la Svenska Deckarakademin) et Gå ut min själ (1996). Je n'ai pas trouvé de traductions françaises et ignore tout de ces deux bouquins à part leurs titres.

Addendum: Erik Winter se retrouve aussi dans un recueil de "nouvelles policières", Winterland (2003), non traduit en français.

Le dernier titre de la série Winter propose (en VO uniquement) un jeu de mots: Den sista vintern signifie "le dernier hiver" mais peut aussi s'entendre comme "le dernier Winter".

Vänaste land est une claire référence à l'hymne national suédois, où l'on trouve ce passage: "Jag hälsar dig, vänaste land uppå jord". L'hymne complet -et sa traduction- sur le site Sweden.se
Lorsqu'un auteur (ou un chanteur) utilise cette expression pour désigner la Suède, c'est bien souvent dans un sens ironique et critique.