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jeudi 29 septembre 2011

Still alive! Et autres nouvelles...

Quelques réponses groupées à des commentaires récents (désolé pour le retard!)

Isa: vacances? où ça des vacances? c'est le Québec ici, on travaille tout le temps! ;-)

Rhéa: Harry Hole attendra encore un peu, de même d'ailleurs qu'Anne Holt (oui, j'éprouve un très vague sentiment de honte); pour le moment le seul Nesbo à mon actif est Chasseur de têtes (Gallimard série noire, disponible en poche).

Canel: tu me demandes quand paraîtra La Sirène. Les coquins d'Actes Sud annoncent plutôt pour novembre un court roman -ou une grosse nouvelle- intitulé Cyanure. Renseignements pris, ce roman ne fait pas partie de la série Erica/Patrik mais on y retrouvera Martin, le jeune flic du commissariat de Tanumshede.
Cyanure est la traduction de Snöstorm och mandeldoft (= Tempête de neige et odeur d'amandes), qui est paru en Suède il y a quelques années déjà. C'est un "roman de Noël", une sorte de Dix petits nègres version suédoise ("vous prendrez bien une kanelbulle avec votre pinte de café, Miss Marple?").
Comme l'an dernier c'est Lars Kepler qui sera le "gros" scandinave de la rentrée Actes Sud, La Sirène attendra donc probablement le premier semestre 2012 (je n'ai aucune date à fournir, désolé!)

En novembre encore sortira le premier roman d'Olle Lönnaeus, traduit chez Liana Levi. Et ça y est, la couverture est disponible! Ce qu'il faut expier entraîne le lecteur dans les sombres coulisses d'une riante (?) bourgade du sud de la Suède.



C'est tout pour aujourd'hui!

J'espère reprendre prochainement les billets, avec entre autres deux Serpent à Plumes (Les plumes du dinosaure et le Cercle intérieur) ainsi qu'une certaine Maison en pain d'épices chez Fleuve Noir.


Et Automne de Kallentoft n'a toujours pas franchi l'Atlantique...

lundi 1 août 2011

La rentrée approche

Déjà la rentrée qui pointe le bout de son nez... (désolé, les écoliers!)

Pour se consoler, quelques bonnes nouvelles.

Printemps, de Mons Kallentoft, devrait sortir en septembre. En France, du moins, car au Canada nous attendons toujours Automne...
En format poche Hiver va paraître chez Points en octobre.

Une Suédoise, Ann Rosman, va être publiée en septembre chez Balland avec La fille du gardien de phare. Je ne sais rien de ce roman, mais Camilla Läckberg lui a fait un peu de pub sur son blog l'an dernier.

Autre premier roman, autre découverte made in Sweden, Olle Lönnaeus s'en vient chez Liana Levi avec Ce qu'il faut expier. Pour une fois j'ai de l'avance, le billet est déjà fait!

Helene Tursten sera également au menu avec un nouveau roman chez Lafon: Le silence des corps. Le livre est prévu pour novembre.

Je n'ai pas de date précise mais Arnaldur Indridason va nous faire une petite surprise avec Betty, toujours chez Métailié. Sauf erreur de ma part il s'agit d'un Arnaldur "d'avant Erlendur", donc sans lien avec sa célèbre et excellente série policière.

Super bonne nouvelle pour les aficionados d'Åke Edwardson et son commissaire Winter. La série s'est terminée (temporairement?) avec Le dernier hiver, mais le cinquième épisode des aventures d'Erik Winter n'avait pas encore été traduit! Ce sera bientôt chose faite avec Le ciel se trouve sur Terre, chez Lattès.

Lars Kepler revient aussi avec un deuxième roman mettant en scène Joona Linna: Le pacte, dans la collection Actes Noirs. Pas de doute, il sera très attendu.

Le duo Roslund & Hellström nous proposera début octobre L'honneur d'Edward Finnigan, aux Presses de la Cité, tandis que Box 21 sortira en poche chez Pocket.

En poche encore, paraîtront cet automne le sombre bijou Bonne nuit, mon amour d'Inger Frimansson (Livre de Poche), et La princesse du Burundi de Kjell Eriksson (Babel).

samedi 6 février 2010

Det som ska sonas - un premier roman prometteur


Olle Lönnaeus est né en 1957. Il est depuis vingt ans journaliste au Sydsvenska Dagbladet pour lequel il rédige des analyses politiques sur la Suède, l'Europe et le Moyen-Orient. Son premier roman, Det som ska sonas, a été publié l'an dernier par Damm Förlag en Suède. L'ouvrage a été remarqué par les membres de la Svenska Deckarakademin qui lui ont attribué un debutpris ("bästa svenska debut", meilleur premier roman suédois de l'année).

Det som ska sonas peut être traduit par "ce qui doit être expié" ou "ce qu'il faut expier".

Pas de traduction française annoncée pour le moment. [Mise à jour été 2011: l'ouvrage va être traduit en français chez Liana Levi sous le titre Ce qu'il faut expier.]

Konrad Jonsson, journaliste à la dérive après une expérience traumatisante sur le terrain, est à Malmö lorsqu'il reçoit un appel de la police d'Ystad (la ville du célèbre commissaire Kurt Wallander). Ses parents adoptifs, Herman et Signe Jönsson, ont été retrouvés abattus d'une balle dans la nuque dans leur maison à Tomelilla, une petite ville au nord d'Ystad, en Scanie (la région située à l'extrémité sud de la Suède).

Trente ans se sont écoulés depuis le départ de Konrad, alors âgé de 17 ans. Trente ans qu'il a passés à bourlinguer, d'abord sur les mers pour le compte d'un armateur d'Oslo, puis comme journaliste. Il a eu le temps de rencontrer une femme lors d'un long séjour en Suède, de lui faire un enfant -Maria- puis de fuir à nouveau. Sa ville d'attache a longtemps été Berlin, qu'il a connue à l'époque du Mur. Il y a rencontré Sonja, une artiste avec laquelle il entretient une relation épisodique. C'est pourtant en Suède qu'il revient après avoir frôlé la mort. Depuis son départ à l'âge de 17 ans il n'est toutefois jamais retourné à Tomelilla, n'a jamais revu ses parents adoptifs ni ses anciens camarades d'enfance.

Konrad n'éprouve guère de tristesse en apprenant la mort de Herman et Signe. Son retour à Tomelilla est surtout motivé par les besoins de l'enquête de police mais aussi par une quête personnelle: sa mère, Agnes Stankiewic, a disparu lorsqu'il avait sept ans. Konrad a quelques vagues souvenirs d'elle. Il se souvient par contre très bien des tourments que les autres enfants -et certains adultes- faisaient volontiers subir au fils de "la Polonaise", Agnieszka. Agnes, sa mystérieuse mère.

De retour à Tomelilla, Konrad va retrouver la petite communauté avec ses ivrognes, sa pauvreté, ses racistes... Jadis la xénophobie visait "les Polacks", aujourd'hui ce sont les Kurdes ou les Albanais qui sont montrés du doigt. Mais il retrouve aussi des visages amicaux, comme le vieux journaliste Örjan Palander, amateur de cigares infects, Sven Myrberg, son ancien grand ami d'enfance à qui il avait jadis tourné le dos, prisonnier de ses propres préjugés homophobes (Konrad, le fils abandonné, a tendance à abandonner ceux qui l'aiment: son vieux copain Sven, sa fille Maria lorsqu'elle était bébé). Il y a aussi Gertrud, la sœur de Sven; la fillette d'alors est devenue une belle femme, avec quelques secrets.

Et puis il y a Klas, le fils de Herman et Signe. Klas n'a jamais aimé Konrad, qui le lui rend bien.

Le premier problème de Konrad sera toutefois la police. Herman et Signe, deux âmes pieuses, humbles et effacées, avaient gagné au Loto quelque temps avant leur mort. Ne sachant que faire de cet argent ils l'avaient déposé sur un compte bancaire. Cette petite fortune transforme inévitablement les deux frères ennemis en suspects aux yeux de l'inspectrice Eva Ström et de son patron, le glacial commissaire Björn Bernhardsson...

* * *

Olle Lönnaeus a bien travaillé le cadre et les personnages. J'ai été particulièrement intéressé par Sven Myrberg, garçon original (le premier Suédois à aller sur la Lune!) qui a connu lui aussi le mépris -y compris de la part de son grand ami Konrad- mais est parvenu à se bâtir un petit univers et une étrange vie de couple. Herman et Signe, dans un genre très différent, sont relativement complexes sous leur médiocrité apparente mais nous ne les découvrons qu'à travers les souvenirs de Konrad. Maria, la fille désormais adulte, est peu présente (elle étudie le droit à Stockholm) mais attachante.

Tous ces personnages -et leurs secrets- se dévoilent lentement, au fil des 320 pages. Det som ska sonas n'est pas un roman d'action. Tout repose sur les personnages, leurs relations compliquées, leurs sentiments.

Konrad, l'ancien journaliste de terrain, est en effet plutôt mollasson. Il semble paralysé à la fois par un traumatisme récent qui hante encore ses nuits et par le fait de retrouver le village de son enfance, ce qui lui rappelle sans cesse la mystérieuse disparition de sa mère, Agnes. Il agit peu, est englué dans ses souvenirs, mais heureusement pour lui il s'attire la sympathie -voire l'amour- de personnes capables de l'aider, de le secouer un peu.

Det som ska sonas est un bon petit roman d'ambiance, qui ne sera peut-être pas très populaire à Tomelilla (l'auteur y met en scène divers racistes et de vieux nazis, ce qui n'est vraiment pas une nouveauté dans la littérature policière suédoise) mais qui se lit sans déplaisir. Un peu plus d'originalité ne nuirait pas pour un second roman, la qualité d'écriture est quant à elle déjà là. Un auteur à suivre.

* * *
Anecdote

J'ai un peu souffert en lisant ce roman. Le langage est riche, varié, ce qui a entraîné quelques difficultés de lecture.

La plus amusante est survenue dans la description de la maison de Herman et Signe Jönsson. La demeure est décrite comme une "eternithus". Mais qu'est-ce que c'est que ça? Une maison d'éternité? Je ne voyais pas le rapport avec l'histoire et me doutais que quelque chose m'échappait complètement... Mon petit dictionnaire ayant déclaré forfait c'est sur Internet que j'ai trouvé la réponse. Le mot "eternit" est un nom de marque, également utilisé dans un sens générique (comme kleenex ou sopalin). Il désigne un type de revêtement de façade: il s'agit d'amiante broyé et concassé, mélangé à du ciment. Pas très sexy... Les "eternithus" étaient paraît-il populaires dans les années quarante et cinquante.


[Participe au challenge Lire en VO]


samedi 28 novembre 2009

Prix : les meilleurs romans policiers 2009 en Suède

La Svenska deckarakademin a distingué trois romans policiers pour 2009 (voir la liste des nominations dans ce précédent billet).


Tre sekunder (Trois secondes) d'Anders Roslund & Börge Hellström aux éditions Piratförlaget emporte le titre du meilleur polar suédois de l'année. C'est le cinquième roman du duo Roslund/Hellström.

Trois secondes, c'est le temps qu'il faut pour mourir. Il s'agit d'un thriller haletant (dixit les critiques), l'histoire d'un ancien petit voyou retourné par la police et infiltré dans la mafia. L'agent double grimpe les échelons mais les événements dérapent et il se retrouve dans une prison de haute sécurité, à la merci de ses codétenus.

Les lecteurs francophones peuvent déjà lire le premier polar de Roslund et Hellström, traduit par Lucile Claus et Maximilien Stadler aux Presses de la Cité: La bête.




Le prix "Martin Beck" du meilleur polar traduit en suédois en 2009 a été attribué à Andrew Taylor pour Det blödande hjärtat ("Bleeding Heart Square"). La traduction suédoise est éditée par Forum. Mise à jour: je l'ai lu en VO dans l'édition Penguin (voir billet).







Enfin, un prix du meilleur premier roman policier a été décerné cette année. Il récompense Det som ska sonas (Ce qui doit être expié) d'Olle Lönnaeus, édité chez Damm Förlag.

Olle Lönnaeus est journaliste au Sydsvenskan. Il était en déplacement à Londres ce week-end lorsqu'il a appris la nouvelle grâce au coup de fil d'un membre de la Deckarakademi.

Son roman se déroule en Scanie, dans le sud de la Suède, à Tomelilla (un peu au nord d'Ystad, ville du célèbre commissaire Kurt Wallander). Un journaliste à la dérive -Konrad Jonsson- apprend le meurtre de ses parents adoptifs. Ce sera l'occasion pour lui de retourner en Scanie, se plonger dans les mystères de son enfance, s'interroger sur la disparition de sa mère (Agnes, originaire de Pologne) lorsqu'il avait sept ans, cette mère dont il était interdit de parler à la maison. Il découvrira de vieux secrets protégés par un épais mur de silence.

Je sens qu'il va se retrouver dans ma liste d'achats prévue pour le printemps... Mise à jour: je n'ai pas attendu le printemps: voir le billet de lecture.


Sources : Dagens Nyheter, Blekinge Läns Tidning.
Source photos : Bokia.