Non mais c'est quoi ce temps?
La température a dégringolé de plus de quinze degrés en vingt-quatre heures, et il neige depuis ce matin (quelques photos sur le site de La Presse).
Et ce n'est pas de la belle neige d'hiver, sèche, qui glisse sur les vêtements. Non, c'est de la neige de printemps, de la neige mouillée qui colle aux fringues et transforme le moindre tissu en serpillière. Sans compter les 3 centimètres de sloche qui recouvrent les trottoirs.
Heureusement je n'avais rangé ni les bottes ni la doudoune.
J'ai au moins pu apprendre un mot nouveau: "la neige a pas slaqué depuis à matin" (la neige ne s'est pas arrêtée/n'a pas ralenti depuis ce matin).
Ça devrait s'améliorer dès demain selon Environnement Canada. Ouf.
mardi 27 avril 2010
dimanche 25 avril 2010
Les Disparus de Monte Angelo
Les Disparus de Monte Angelo (titre original Gränslandet), Thomas Kanger, Presses de la Cité coll. Sang d'encre, 2010, 261 pages. Traduit du suédois par Terje Sinding.
Le roman commence mal pour Elina Wiik. Elle ne va pas bien. Elle s'étiole lentement mais sûrement dans ses fonctions au commissariat de Västerås. Elle réalise un matin qu'elle n'est tout simplement plus capable d'affronter la routine quotidienne. Elle boucle alors sa valise, prend sa voiture, et roule au hasard en direction du sud.
Le bout de la route s'appelle Monte Angelo; c'est un petit village du sud de l'Italie. Des gestes et quelques mots d'anglais lui suffisent pour louer une chambre et commencer sa convalescence. Elina se repose, se promène, se régale de bons petits plats locaux. Et tombe amoureuse. L'objet de sa passion s'appelle Alex Niro. C'est un homme dont elle ne sait quasiment rien, mais le courant passe à merveille entre la Suédoise déprimée et le bel inconnu.
Les bonnes choses ont une fin, c'est bien connu. Mais découvrir son amant dans une mare de sang n'est pas la meilleure façon de terminer une relation. Hélas pour Elina Wiik, c'est pourtant ce qui lui arrive. Rapidement disculpée par ses collègues italiens, elle décide de rentrer en Suède, brisée par le chagrin. Mais elle n'est plus seule sur le chemin du retour: sa rencontre avec Alex aura été courte mais pas sans conséquence. Elina est enceinte...
Deux ans après ces événements, Wiik prend la décision d'enquêter personnellement sur le meurtre, mais surtout sur le passé d'Alex. L'enfant, une fois grande, voudra en effet savoir qui était son père. Le problème, c'est qu'Alex Niro n'existe pas. L'homme qu'elle a connu vivait sous une fausse identité. Qui était-il vraiment? Pourquoi a-t-il été tué? Wiik a peur de ce que pourraient être les réponses mais elle est bien déterminée à les obtenir.
* * *
Je l'avoue d'emblée, Les Disparus de Monte Angelo m'a
Il y a quelques aspects étranges dans le récit, un petit côté onirique parfois et une fin très étonnante (pour un polar) qui devraient pourtant m'enchanter, mais je ne suis pas arrivé à m'immerger pleinement dans l'histoire. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Peut-être à cause de quelques invraisemblances et situations tirées par les cheveux; peut-être parce que la guerre des Balkans est présentée d'une manière parfois un peu trop didactique par l'auteur, journaliste de profession; peut-être et surtout parce que je m'attendais à un récit aussi haletant que Le Temps du loup.
Les Disparus de Monte Angelo a néanmoins des atouts. Il propose notamment une réflexion sur les leçons de l'Histoire (les retient-on vraiment?), la complexité humaine (une victime peut-elle devenir bourreau, et vice-versa), le cercle sans fin de la vengeance. Le tout est illustré par les guerres fratricides au sein de l'ex-Yougoslavie, plus particulièrement par le conflit entre Serbes et Croates dans la région de la Krajina.
Ce mot, Krajina, peut se traduire par "région frontalière" (cf. Wikipedia), d'où le titre original de l'ouvrage: Gränslandet (gräns = frontière, land = pays). La photo de couverture de l'édition française a un rapport évident avec la notion de frontière, mais l'éditeur a fait le choix d'un titre plus évocateur.
* * *
Ajout du 5 octobre: je découvre un avis intéressant dans la revue Alibis (numéro 35, pp. 139-140). Leur critique est bien plus enthousiaste que la mienne, ça me fait donc très plaisir de répercuter leur opinion. Extrait: "Cette enquête souvent frustrante, voire dangereuse, est doublée d'une leçon d'histoire (...) En lisant ce polar de Kanger, on finit par saisir un peu mieux les enjeux géopolitiques, ethniques et religieux, de ce conflit absurde et incompréhensible, riche en massacres et en atrocités de tous genres! (...) Les Disparus de Monte Angelo est une œuvre intense, avec un personnage central doté d'une forte personnalité et dont on attend le retour avec impatience."
jeudi 22 avril 2010
Séries - Thomas Kanger
code couleurs: suédois / français. Pas de traduction anglaise à ce jour.
Éditeur français: Presses de la Cité. Traducteur Terje Sinding.
Série Elina Wiik
(n) nominé pour le prix du meilleur roman policier de l'année en Suède.
Éditeur français: Presses de la Cité. Traducteur Terje Sinding.
Série Elina Wiik
- Första stenen, 2001
- Sjung som en fågel, 2002
- Den döda vinkeln, 2003
- Söndagsmannen, 2004 (n) / Le temps du loup, 2009 (billet)
- Gränslandet, 2007 (n) / Les disparus de Monte Angelo, 2010 (billet)
- Drakens år, 2011
(n) nominé pour le prix du meilleur roman policier de l'année en Suède.
mercredi 21 avril 2010
Tag: une histoire de PAL
Allons bon, me suis fait tagué par Canel! Le jeu consiste à raconter une courte histoire avec les titres qui s'accumulent dans la PAL:
Pour me venger, je tague Nancy (ici et là), si tu veux bien. Tu pourras t'y mettre lorsque tu auras fini tes révisions, héhé... Si quelqu'un d'autre se sent inspiré par l'épreuve il est libre de prendre le relais!
"Après plusieurs heures sur la route j'ai hâte d'arriver à Chicago, à temps pour la bar-mistva de Samuel qui aura lieu le week-end prochain. J'ai réservé la chambre numéro 10 au motel "Les pieds dans l'eau", pas loin de la place dite du Carré de la vengeance.Eh bien... c'est décourageant de faire une liste de toute cette lecture en retard!
Le motel sert de lieu de travail à une pute toujours à l'affût de la meilleure part des hommes: leur portefeuille. Alors que je fume sur le porche en admirant la lune qui trône au zénith, elle sort de sa chambre en hurlant; un type gît inconscient sur son lit. Je m'approche pour voir si le cœur bat encore. Tout va bien, l'heureux homme est juste dans les vapes.
Un peu plus tard je demande à la fille comment elle s'appelle. "Je ne porte pas mon nom sur ma peau, chéri!" me répond-elle en tapotant le bonhomme de neige qui monte la garde devant le motel.
La pute est aguichante mais je dois me lever tôt demain pour déjouer le complot contre l'Amérique et interviewer Jan Karski s'il me reste du temps. Je vais donc sagement me coucher, seul."
THE END.
Pour me venger, je tague Nancy (ici et là), si tu veux bien. Tu pourras t'y mettre lorsque tu auras fini tes révisions, héhé... Si quelqu'un d'autre se sent inspiré par l'épreuve il est libre de prendre le relais!
dimanche 18 avril 2010
Un cri si lointain - Autopsie d'un neurasthénique
Un cri si lointain (titre original Rop från lång avstånd), Åke Edwardson, 10/18, 2004, 520 pages (première édition JC Lattès 2003). Traduit du suédois par Anna Gibson. Deuxième enquête du commissaire Erik Winter.
Voilà à quoi pourrait ressembler le début d'un billet sur Un cri si lointain, rédigé sous la forme d'un petit dialogue "à la Winter".
La lecture de ce bouquin m'a rappelé quelques films vus il y a une centaine d'années (environ) dans le cadre d'une rétrospective Ingmar Bergman. Le polar d'Edwardson est sans doute le plus "bergmanien" des romans que j'ai eu l'occasion de lire depuis l'ouverture de ce blog. Ce n'est pas nécessairement un compliment, et certainement pas un reproche. Mais le lecteur a un petit effort à fournir. Il faut accepter de s'immerger dans l'histoire (lente) et les ruminations (fréquentes) du plus neurasthénique des enquêteurs scandinaves. À côté d'Erik Winter, Erlendur Sveinsson est un jovial boute-en-train...
Au départ, il y a bien sûr un cadavre. Celui d'une femme dans la petite trentaine. Blonde. Inconnue. Abandonnée dans un fossé, quelque part à l'est de Göteborg. Erik Winter interrompt ses courtes vacances (bien que riche, il s'ennuie très vite) pour commencer une longue enquête sur la mystérieuse femme et son passé. Un élément inquiétant est révélé par l'autopsie: la victime a eu au moins un enfant. Qui et où sont-ils?
L'intrigue ne manque pas d'intérêt, mais les 520 pages du récit abordent bien d'autres sujets. À commencer par le flic, Winter, que l'on suit jusque sous la douche (l'été suédois est toujours caniculaire... dans les polars). Il s'habille chic grâce à Armani, Cerutti, Tutti Quanti, mais il n'y a rien de chic dans sa façon de voir le monde qui l'entoure.
Ses déboires amoureux sont assez amusants (si on les compare au reste du récit). Angela veut une vraie vie de couple, Winter ne souhaite pas changer ses habitudes de célibataire et s'accommode très bien de leurs rencontres épisodiques. Il se transforme en anguille dès qu'Angela aborde la question. C'est un champion de la réponse monosyllabique et du changement de sujet.
Pour un flic comme Winter, toute festivité est cause de problèmes, toute manifestation une source de désordre et de violence. La vue d'une pancarte de revendication provoque chez lui une crise de pessimisme. En fait, il ne rate jamais une occasion de méditer sur l'état de délabrement de la société suédoise. On retrouve ici la thématique "critique sociale" tant appréciée chez les auteurs de polars scandinaves, mais poussée à un degré tel qu'elle perd parfois de sa pertinence. Un passage m'a quelque peu agacé: un immigrant kurde dont la demande d'asile a été refusée prend un enfant en otage (on trouve une scène très semblable au début du Misterioso d'Arne Dahl). Un événement de ce genre a peut-être eu lieu en Suède à cette époque (Un cri si lointain a été publié en 1998, Misterioso en 1999) mais le désir de dénoncer l'indifférence bureaucratique des institutions suédoises aboutit finalement à une caricature... des Kurdes.
Ces petites maladresses ne doivent pas cacher l'essentiel: un polar lent et lourd qui plaira aux amateurs de spleen policier.
- Alors mon cher Zig, qu'as-tu pensé de ce roman?
- Que dis-tu?
- Un cri si lointain, qu'en as-tu pensé?
- Que peut-on penser d'un cri...
- Qu'il est proche. Ou lointain.
- Ou trop faible pour être entendu par les secours?
- Oui.
- Je ne sais pas. Je...
- Tu n'as pas aimé.
- Quoi?
- Tu as détesté, avoue-le. Vas-tu avouer?
- Calme-toi, Zag. Tu te trompes.
- Donc tu as aimé.
- Tu simplifies, comme toujours.
- Je ne vois vr...
- [l'interrompant] Il fait chaud encore aujourd'hui.
- Oui.
- L'air brûle les poumons.
- Et les cerveaux, Zig, et les cerveaux.
- Est-ce qu'il reste du café?
Voilà à quoi pourrait ressembler le début d'un billet sur Un cri si lointain, rédigé sous la forme d'un petit dialogue "à la Winter".
Au départ, il y a bien sûr un cadavre. Celui d'une femme dans la petite trentaine. Blonde. Inconnue. Abandonnée dans un fossé, quelque part à l'est de Göteborg. Erik Winter interrompt ses courtes vacances (bien que riche, il s'ennuie très vite) pour commencer une longue enquête sur la mystérieuse femme et son passé. Un élément inquiétant est révélé par l'autopsie: la victime a eu au moins un enfant. Qui et où sont-ils?
* * *
L'intrigue ne manque pas d'intérêt, mais les 520 pages du récit abordent bien d'autres sujets. À commencer par le flic, Winter, que l'on suit jusque sous la douche (l'été suédois est toujours caniculaire... dans les polars). Il s'habille chic grâce à Armani, Cerutti, Tutti Quanti, mais il n'y a rien de chic dans sa façon de voir le monde qui l'entoure.
"Les lumières de la ville se devinaient vingt kilomètres plus loin à travers la pluie fine et la matinée grise, comme de la pisse sur une neige sale."
Ses déboires amoureux sont assez amusants (si on les compare au reste du récit). Angela veut une vraie vie de couple, Winter ne souhaite pas changer ses habitudes de célibataire et s'accommode très bien de leurs rencontres épisodiques. Il se transforme en anguille dès qu'Angela aborde la question. C'est un champion de la réponse monosyllabique et du changement de sujet.
Pour un flic comme Winter, toute festivité est cause de problèmes, toute manifestation une source de désordre et de violence. La vue d'une pancarte de revendication provoque chez lui une crise de pessimisme. En fait, il ne rate jamais une occasion de méditer sur l'état de délabrement de la société suédoise. On retrouve ici la thématique "critique sociale" tant appréciée chez les auteurs de polars scandinaves, mais poussée à un degré tel qu'elle perd parfois de sa pertinence. Un passage m'a quelque peu agacé: un immigrant kurde dont la demande d'asile a été refusée prend un enfant en otage (on trouve une scène très semblable au début du Misterioso d'Arne Dahl). Un événement de ce genre a peut-être eu lieu en Suède à cette époque (Un cri si lointain a été publié en 1998, Misterioso en 1999) mais le désir de dénoncer l'indifférence bureaucratique des institutions suédoises aboutit finalement à une caricature... des Kurdes.
Ces petites maladresses ne doivent pas cacher l'essentiel: un polar lent et lourd qui plaira aux amateurs de spleen policier.
jeudi 15 avril 2010
Parution du troisième Theorin en Suède

Ce jeudi 15 avril sort en Suède le troisième polar de Johan Theorin : Blodläge. Il s'agit du roman du printemps dans la série "saisonnière" mettant en scène Gerlof Davidsson, vieux marin retraité sur l'île d'Öland.
Les lecteurs impatients ont même eu droit à la bande-annonce. Il y est question d'une ancienne légende ölandaise.
Les tailleurs de pierre d'Öland ont jadis donné des noms à certaines strates du sous-sol. C'était pratique pour se repérer. Une fine couche très rouge qui court au sein du calcaire a reçu le nom de blodläge (la couche sanglante). Selon la légende, cette blodläge s'est formée il y fort longtemps, à l'époque des guerres entre fées et trolls. Le sang versé durant ce conflit s'est pétrifié pour former cette couche rougeâtre, désormais célèbre en Suède grâce à Johan Theorin.
La bande-annonce affirme que la lutte entre le bien et le mal se poursuit aujourd'hui encore, et qu'au cours de ce printemps sur Öland la vie de plusieurs personnages sera définitivement transformée...
Vidéos (suédois; pas de sous-titres)
- vidéo #1, entrevue [la place d'Öland dans les récits (à la fois personnage et scène); Gerlof inspiré par le grand-père maternel (décédé lorsque l'auteur avait 11 ans?); souvenir des histoires transmises par la famille ölandaise de l'auteur (exemple de l'arrière grand-mère qui racontait avoir vu un lutin -tomte- sur le rivage); choix du polar comme genre littéraire; anecdote à l'origine de Nils Kant; légende de la "blodläge"]
- vidéo #2, exposé [les deux premiers romans]
Articles
- Gunilla Wedding a commencé sa lecture avec un mélange d'excitation et d'anxiété: "Je lis tout doucement. Je fais des pauses et laisse le livre sur la table basse ou bien sur la pile à côté de mon lit. J'ai terriblement peur d'être déçue, et plus encore d'arriver trop vite au bout de ma lecture. Il en est ainsi avec les livres dont on espère beaucoup, les livres que l'on a attendus impatiemment". Critique annoncée pour le 29/04.
- divers liens @ Svensk bokhandel;
- Magnus Persson @ Svenska dagbladet;
- Jonas Thente @ Dagens nyheter;
- Helena @ Bokhora;
- Sara @ Deckarhuset;
- Sara Ullberg @ Svenska Dagbladet "I Johan Theorins deckare är morden egentligen sekundära", "[Theorin] har hållit på med löpningen i 30 år, det är en sorts meditation att vara ute och springa" ;
- Jonas Brefält @ Värmlands Folkblad;
- À suivre...
lundi 12 avril 2010
Quai du polar : les récits tant attendus
Tandis que le public semble avoir été majoritairement féminin, les chromosomes Y dominaient du côté des auteurs. Cela n'a pas déplu aux visiteuses, si j'en crois les réactions envers un certain écrivain...
Voici le compte-rendu de Kathel (avec photos) qui comprend des liens vers quelques sites de fans deJasper Fforde bouquins.
Ces petits reportages m'ont permis d'apprendre, parmi bien d'autres choses:
Voici le compte-rendu de Kathel (avec photos) qui comprend des liens vers quelques sites de fans de
Ces petits reportages m'ont permis d'apprendre, parmi bien d'autres choses:
- que le métier d'écrivain peut être dangereux (Pierre Lemaître l'a échappé belle, mais il a pu se consoler avec son prix du polar européen décerné par Le Point)
- que Johan Theorin a une fille qui parle très bien français
- que Jasper Fforde a la cote auprès des blogueuses. Je cite divers commentaires: "Hiiiiiiiiii, Jasper !!", "Aaaaah, Jasper Fforde!!", "j'ai rencontré Jaspeeeeer !!!", "Je ne me remets pas d'avoir rencontré Jasper Fforde", etc. Voilà un auteur qui fait l'unanimité!
- que le Palais du Commerce de Lyon est bien beau
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