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lundi 6 juin 2011

My name is Salander, Lisbeth Salander

Un petit avant goût de The Girl with the Dragon Tattoo de David Fincher, avec Rooney Mara et Daniel Craig.

jeudi 31 mars 2011

Millénium sur Télé-Québec à partir du 29/05

L'intégrale de la série Millénium à Télé-Québec (La Presse). Extraits:
"La présentation des six épisodes de 90 minutes sera précédée par celle d'un reportage intitulé Millénium, l'histoire qui servira de guide à la genèse des romans, mais aussi de ce qui s'est passé à la suite de leur publication.
(...)
Les six épisodes de la série sont en fait les versions allongées et intégrales des trois films tirés des romans que les cinéphiles québécois ont vus au grand écran en 2009 et 2010.
(...)
L'émission Millénium, l'histoire sera présentée le dimanche 29 mai à 20 h. La diffusion des épisodes 1 à 6 aura lieu les mardis à 21 h du 31 mai au 5 juillet, avec rediffusion les samedis soirs à 22 h 30."

Ça me laisse du temps pour faire des réserves de popcorn.

vendredi 11 juin 2010

Millénium bientôt en poche

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, premier tome de la série Millénium, devrait bientôt sortir en poche dans la collection Babel Noir.

Date annoncée: 1er septembre, ISBN 9782742793099.

Il devrait être imprimé en partie au Québec, ce qui éviterait l'habituel délai de 4 ou 5 semaines entre la sortie en France et la sortie au Canada.

Pour de tels pavés je trouve quand même le grand format préférable. Encombrant mais plus agréable pour la lecture. Et en coffret c'est encore plus chic...

dimanche 4 avril 2010

Lisbeth and The American Dream

Vu sur le site du New York Times: Millénium 1 & 2 occupent les deux premières places des meilleurs vendeurs aux USA, catégorie "fiction en livre de poche".



Le premier volume est présent dans cette liste depuis 40 semaines, ce qui n'est pas mal.

Je suis bien content du succès de Millénium aux States mais j'espère que ça ne va pas donner l'idée aux auteurs (et éditeurs!) scandinaves d'écrire dans le but de cartonner sur le marché américain...

dimanche 24 janvier 2010

La reine dans le palais des courants d'air


Après Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, puis La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, la série Millénium de Stieg Larsson se termine -hélas- avec La reine dans le palais des courants d'air (Actes Sud, titre original: Luftslottet som sprängdes, trad. Lena Grumbach et Marc de Gouvenain). Quatrième de couv' et info sur la version anglaise sur le site SkandiLit.

La mort de l'auteur en 2004, peu de temps avant la publication des bouquins en Suède aux éditions Norstedts, a transformé en trilogie ce qui aurait pu durer un peu plus longtemps (Stieg Larsson aurait déclaré avoir des idées pour une dizaine de romans).

Comment expliquer un tel succès? Chacun a ses idées sur la question. Le fait que l'action se déroule en Suède joue un rôle très secondaire. L'exotisme des noms de lieux ou de personnes aurait plutôt pour effet de lasser des lecteurs en quête d'un bouquin pour passer le temps. Les aspects plus importants sont d'après moi: 1) le personnage de Lisbeth Salander, hautement improbable mais si bien décrite qu'elle est le personnage le plus attachant de la trilogie; 2) la mise en scène de la lutte du bien contre le mal; 3) le goût des détails, clef d'un mariage réussi entre fiction et réalité.

* * *
Largo, ma non troppo

La progression de l'intrigue va crescendo d'un volume à l'autre. Dans le premier tome, le cadre et le nombre de personnages sont très restreints. Nous découvrons la rédaction de Millénium avec Erika Berger et Mikael Blomkvist, Milton Security et Lisbeth Salander, Hedeby et les quelques membres de la famille Vanger qui résident sur la petite île de Hedebyön. Le cadre est intime, l'intrigue classique (une disparition, des meurtres, une enquête). La fin du récit -lorsque le scandale Wennerström éclate- donne le ton des romans suivants.

Le deuxième volume élargit le cadre de l'action. Il est désormais question de trafic de femmes à l'échelle du pays, de gangstérisme impliquant d'anciens pays du bloc de l'Est, et on commence à parler d'espionnage et de la police secrète suédoise, la "Säpo". Avec La reine dans le palais des courants d'air l'enquête atteint les sommets de l'État et implique aussi bien la police "normale" que la Säpo et le gouvernement (le premier ministre intervient personnellement).

Je trouve cette progression intéressante. Le mot "symphonique" est peut-être un peu fort mais cette image m'est venue en lisant le troisième volume: une trilogie symphonique.

Ou, pour rester plus simple: une maudite bonne trilogie!

* * *
The Lady of the Rings

Tandis que le deuxième volume révélait le passé de Lisbeth Salander, ses relations familiales compliquées, les raisons de sa profonde méfiance envers "l'Autorité", le troisième tome est celui des règlements de comptes. Le Bien triomphe du Mal, et Sauron Teleborian en prend pour son grade. Cet aspect joue indéniablement un rôle dans le succès de Millénium. Ce n'est pas désagréable lorsque le gentil (surtout s'il est petit, frêle et asocial) met une raclée aux méchants.

On peut s'amuser à trouver d'autres points communs avec The Lord of the Rings. Lisbeth a, elle aussi, une communauté pour lui venir en aide (l'équipe de Millénium, Armanskij, Annika Giannini), elle fait face à des très méchants très puissants, et la grande amatrice de piercing qu'elle est ne manque certainement pas d'anneaux.

Lisbeth Salander a un rôle plus discret dans le dernier volume, ce qui n'est guère étonnant puisqu'elle se remet de graves blessures. Mais c'est fou ce qu'elle est capable de faire avec un ordinateur de poche et une connexion Internet! Une vraie magicienne... du clavier.

* * *
X2000

Tandis que Lisbeth Salander se repose à l'hôpital Sahlgrenska, plusieurs personnages font des allers et retours entre Stockholm et Göteborg à bord du X2000.

C'est le TGV suédois. Il parcourt les 455 km qui séparent les deux villes en 2h52, un peu plus de trois heures s'il y a des arrêts (Wikipedia).

Si vous voulez voyager à tarif raisonnable il vous faudra vous lever avant l'aube afin d'embarquer aux aurores. Voyager dans la journée coûte cher. Pour être tout à fait honnête: tout coûte cher, en Suède!

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La Säpo

La Säpo (Säkerhetspolisen, "la police de sécurité") est un service secret en charge de la sécurité intérieure. Leur boulot consiste à traquer les espions ou cellules terroristes, protéger les personnalités politiques, etc. Leur slogan: Nous protégeons la Suède et la démocratie.

Comme il s'agit d'un service secret, la Säpo a toujours titillé l'imagination des paranoïaques et des auteurs de polars.

Elle est régulièrement soupçonnée de planifier des assassinats (par exemple celui d'Olof Palme en 1986) ou de protéger des coupables.

Stieg Larsson lui donne un rôle important dans les volumes 2 et 3 de sa trilogie, mais évite d'en faire un épouvantail. Il a au contraire une approche réaliste des choses et la Säpo n'est pas traitée différemment que le corps des médias ou la police nationale: il y a des sales types -et des gens biens- un peu partout.

Lisbeth Salander a une autre approche. Juges, flics, espions, truands ou journalistes: qu'ils lui foutent tous la paix!

* * *
La Complainte des Frustrés

Le boxeur Paolo Roberto, qui apparaît dans le deuxième tome, existe bel et bien. Le troisième volume met lui aussi en scène (très brièvement) un individu réel: Kurdo Baksi.

Je ne m'en serais pas rendu compte si Baksi n'avait pas eu l'idée de sortir ce mois-ci une biographie sur Stieg Larsson. Le bouquin est amplement critiqué par des proches de Larsson qui vont jusqu'à plaider pour un retrait du livre (voir ce précédent billet).

Baksi n'est pas seul à critiquer "amicalement" Stieg Larsson le journaliste, ou Stieg Larsson l'auteur. Un journaliste du Dagens Nyheter a récemment repris une ancienne rumeur: Larsson ne serait pas l'auteur de Millénium; il aurait apporté les idées, mais l'auteur serait en fait sa compagne, Eva Gabrielsson. Le titre de l'article affirme tranquillement que "Stieg Larsson ne savait pas écrire" (Stieg Larsson kunde inte skriva). Hellberg se base sur ses souvenirs: il a travaillé pour TT en même temps que Larsson, à la fin des années 70, début des années 80. À cette époque, selon lui, Larsson était un excellent recherchiste mais il écrivait comme un pied.

Il est bien possible que Gabrielsson ait donné un coup de main à Stieg Larsson pour la rédaction de Millénium, mais les allégations de Hellberg sont douteuses pour diverses raisons: 1) plus de vingt ans séparent la période des souvenirs de Hellberg à TT et celle de la remise des manuscrits à Norstedts; 2) si Gabrielsson est l'auteur de la trilogie, pourquoi ne la continue-t-elle pas? Non seulement il y a un énorme marché pour un éventuel quatrième tome, mais en plus Gabrielsson n'a pas touché un sou de l'héritage. C'est ce qu'on appelle une grosse motivation; 3) enfin l'éditeur, Norstedts, ne croit pas à cette théorie: c'est avec Stieg Larsson que se tenaient les discussions sur le manuscrit.

Mais le meilleur passage de cet article de Hellberg, c'est lorsqu'il cite "l'ami" Kurdo Baksi:  
"Je n'ai pas voulu lire le manuscrit de la trilogie Millénium car je ne pensais tout simplement pas que cela pouvait être bon. Je suis un bien meilleur écrivain qu'il ne l'était", a déclaré Kurdo Baksi lorsque je l'ai contacté entre deux interviews. "Encore aujourd'hui, le fait qu'il ait pu écrire ces livres est pour moi une énigme". (Jag vägrade att läsa manus till Millenniumtrilogin för jag trodde helt enkelt inte att den kunde vara bra. Jag är en bättre skribent än vad han var, säger Kurdo Baksi när jag når honom när han är på väg mellan olika intervjuer. Det är fortfarande för mig en gåta hur han kunde skriva dessa böcker.)
Ce genre de réactions est inévitable. Les auteurs à succès sont toujours poursuivis par la jalousie d'anciens collègues de travail, d'anciens "amis", mais aussi de certains critiques littéraires, qui vivent comme une profonde injustice le fait de ne pas vendre autant de bouquins qu'eux.

* * *

Quoi qu'en disent les aigris, Millénium a su plaire à un grand nombre de lecteurs. Même l'édition américaine se vend bien, alors que les USA ont la réputation d'être un marché difficile pour les traductions. Sony Pictures serait même intéressé à réaliser sa propre version cinématographique (billet du 21/12).

Dommage que l'aventure s'arrête là. Bye bye, Lisbeth, adjö!

samedi 2 janvier 2010

Lisbeth Salander, tout feu tout flamme


Deuxième volume de la trilogie Millénium, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, Stieg Larsson, Actes Sud 2006. Traduction Lena Grumbach et Marc de Gouvenain.

Bye bye Isabel Samaras, les couvertures des tomes 2 et 3 sont désormais plutôt moches. Tant pis.

Le titre français est un peu différent de la version originale, Flickan som lekte med elden signifie La fille qui jouait avec le feu, mais il colle très bien au contenu du roman comme on s'en rend compte dès le prologue.

* * *
Parenthèse

À propos de traduction... j'ai trouvé des choses marrantes sur le Net. Je suis tombé par hasard sur le critique littéraire d'un magazine parisien, très remonté contre Marc de Gouvenain. Le magazine a même invité un traducteur pour mieux crucifier Grumbach et de Gouvenain. Demander l'avis d'un traducteur est a priori une bonne idée lorsqu'il est question de traduction, sauf si le spécialiste commence son article par "je n'ai pas lu le livre, mais je suis d'accord avec Machin, c'est nul."

Les pages culturelles parisiennes sont un vrai délice... et Érostrate fait toujours des émules.

* * *
Light my fire

Lisbeth Salander est la star de ce deuxième tome. C'est une très bonne chose puisqu'elle est le personnage le plus attachant du roman.

Dans le premier volume elle était très mystérieuse. Le lecteur apprenait un peu de ses problèmes d'enfance, sa mise sous tutelle, et c'était à peu près tout. Millénium 2 lève le voile sur le difficile passé de la jeune femme. Les révélations vont bon train. L'odieux Maître Bjurman ne sera pas le seul à se mordre les doigts d'avoir un jour croisé le chemin de Salander.

De leur côté Blomkvist et toute l'équipe de Millénium se lancent dans une enquête sur le trafic de femmes. La Suède connaît une situation semblable à celle de la France: des filles des pays de l'ancien bloc de l'Est sont importées (il n'y a pas d'autre mot) et exploitées par des gangs criminels. Millénium a l'intention de sortir un numéro spécial sur ce sujet et veut balancer des noms de clients bien installés dans la société ainsi que quelques gangsters.

Pour cela le magazine s'associe au journaliste Dag Svensson et à sa compagne, Mia Bergman, qui est en train de terminer une thèse de doctorat en criminologie sur le thème des réseaux de prostitution.

Évidemment, tout n'ira pas comme sur des roulettes.

Comme dans le premier tome, l'histoire repose sur un mélange bien dosé: un sujet sérieux et d'actualité, des personnages variés, des secrets de famille, de l'action, des rebondissements parfois peu réalistes (les coïncidences, heureuses ou malheureuses, sont nombreuses dans ce 2e volume) mais, hé, c'est un roman, pas un reportage.

* * *
Boxing Day

Juste après avoir lu le bouquin j'ai découvert au détour d'un article sur le site de Bokhora que le boxeur Paolo Roberto (qui a donné quelques leçons de combat à cette petite teigne de Lisbeth) existe vraiment (photo: lien vers Wikipedia).

Paolo Roberto est né en Suède en 1969, d'un père italien. Il pratique plusieurs sports de combat comme le taekwondo ou le judo, mais c'est en tant que boxeur qu'il a fait carrière. Il a participé à 34 combats, en a perdu 4.

Il a également une petite carrière cinématographique et incarne son propre rôle dans le deuxième film de la série.



* * *
Stockholm

La capitale suédoise et ses environs servent de toile de fond au récit, particulièrement l'île de Söder où se trouvent le siège de Millénium ainsi que les domiciles de plusieurs protagonistes (Mikael Blomkvist, Lisbeth Salander, Miriam Wu).

Lisbeth, désormais pleine aux as, s'achète un appartement qu'on peut qualifier de coquet dans un des très rares endroits que j'ai visité à Söder: le quartier de Mosebacke. Son nouveau logis est situé au 9, Fiskargatan, à deux pas de Mosebacke Torg (des agences de voyages ont inscrit l'adresse dans les visites organisées pour les fans de la trilogie, voir cet article d'Aftonbladet - c'est en suédois mais la carte des "lieux sacrés" de la trilogie est suffisamment claire).

Je n'ai aucun souvenir de Fiskargatan mais je me souviens du square de Mosebacke Torg, de sa pittoresque vieille cabine téléphonique, de la Svartensgatan et ses pavés, des escaliers descendant vers la Katarina kyrka (l'église avait subi un incendie peu de temps avant ma première visite) et du joli panorama vers le centre-ville et Djurgården que l'on a tout au bout de la Högbergsgatan. [torg = place, gata(n) = rue, kyrka = église]

* * *
Hésitations

La fille qui rêvait... se termine abruptement. La tentation est grande d'ouvrir le troisième tome mais ce ne sera pas facile de se trimballer ce pavé de plus de 700 pages dans le métro! Et puis il y a un autre gros problème: je ne suis pas pressé de finir la trilogie et de dire adieu à Lisbeth Salander.

Il va falloir prendre le temps de le savourer, ce troisième volume...

dimanche 27 décembre 2009

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes


Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson, Actes Sud 2006, traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain.

Il m'en a fallu du temps pour me lancer à la découverte du continent Millénium... Au début je me disais "bah, je vais attendre de voir si ça plaît aux copains". Ensuite je suis passé à "bon, je vais attendre que la trilogie soit complète", puis à "mais il me faudrait trois semaines de vacances pour lire tout ça!"

Trois semaines de congés consécutives -payées- étant illusoires au Canada (ironie), étant donné par ailleurs que les films commencent à sortir et que je préfère lire un bouquin avant de voir son adaptation au cinéma, j'ai décidé de lâcher mes excuses bidons et de sauter le pas.

Je ne le regrette pas. Oh que non.

Puisque je dois être un des derniers à découvrir Millénium, je ne résumerai pas l'histoire. Si toutefois quelqu'un avait encore besoin d'une courte présentation de l'intrigue du tome 1 (sans spoilers) il pourrait par exemple consulter la 4e de couv' sur SkandiLit.

L'intrigue n'a rien de très original en soi, mais elle est très prenante. Comme j'avais pris soin de ne rien savoir de l'histoire -vu le succès mondial de Millénium j'ai du mérite- j'ai pu savourer chaque détour du roman, chaque révélation, chaque page.

Des critiques je n'avais retenu que deux choses: quelques vagues remarques désobligeantes sur la traduction. D'autres avis critiquaient l'absence d'action dans la première moitié du bouquin.

* * *

Concernant la traduction je ne peux pas en dire grand-chose. Non seulement je n'ai pas lu l'original en suédois mais mon niveau ne me permettrait pas, de toute manière, de juger sérieusement la qualité du travail des traducteurs. À noter que le titre en suédois est un peu plus fort que la traduction française: Män som hatar kvinnor signifie littéralement Les hommes qui haïssent les femmes.

À part la présence d'un laid et irritant "solutionner" au lieu de "résoudre", le texte m'a semblé correct. Un petit regret peut-être: quelques notes de bas de page (ou un tout petit glossaire) auraient pu aider les lecteurs francophones. Le bouquin contient en effet des références à l'histoire ou à la politique suédoise. Des partis politiques sont parfois mentionnés au détour du récit, comme "les modérés" (il doit s'agir de Moderaterna, un parti de droite), ainsi que "le parti de la gauche" qui doit très probablement être Vänsterpartiet. Ces traductions littérales ne nous disent pas grand-chose. À titre de curiosité, le "parti de la gauche" n'est rien de plus que l'ex-parti communiste, qui s'appelait Vänsterpartiet - kommunisterna (vpk) jusqu'au début des années 90; la chute de l'URSS et un choix marketing ont eu raison du mot "kommunisterna". Son intitulé ronflant (le parti de gauche) reflète mal son caractère marginal (5.85% aux élections parlementaires de 2006, source Wikipedia).

Mais en toute franchise c'est du détail, de telles informations ne sont absolument pas nécessaires pour lire et apprécier le livre. Les hommes qui n'aimaient pas les femmes n'est pas un "polar politique".

Les références historiques seraient, elles, plus utiles. Stieg Larsson était un des fondateurs d'Expo, un magazine suédois spécialisé dans les mouvements d'extrême droite, fascistes, néonazis (le site du magazine consacre à l'auteur de Millénium une page hommage et souvenir). Ce n'est donc pas une grande surprise de voir la Ligue national-socialiste pour la liberté (p.96) ou le nazi Furugård (cf. Wikipedia) mentionnés dans le roman.

* * *

Concernant la "longueur" ou l'absence d'action dans la première moitié du livre, je ne suis tout simplement pas d'accord. Les 276 premières pages (les chapitres Incitation et Analyse des conséquences) sont riches en informations. Certes, Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander (qui ne se connaissent pas encore) ne bondissent pas partout, pistolet au poing, mais ils sont tous les deux très occupés avec leurs problèmes et les énigmes qui commencent à se présenter.

Comme dirait Hercule Poirot, leurs petites cellules grises sont amplement sollicitées. Le lecteur a intérêt à être attentif car il va apprendre bien des choses non seulement sur la trame du récit (la famille Vanger, ses membres, ses querelles internes, la disparition de Harriet Vanger en 1966, le village de Hedeby, les rappels historiques, etc.) mais aussi sur le caractère des héros et leur manière de voir le monde.

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j'aime, j'aime moins

J'ai beaucoup aimé le déroulement de l'intrigue, y compris le rythme. L'apparente lenteur du début -à ne pas confondre avec une absence d'action- est non seulement nécessaire pour bâtir le cadre (aussi bien dans l'espace que dans le temps), elle est aussi extrêmement utile pour faire mieux comprendre au lecteur la situation d'Henrik Vanger. Le vieux patriarche est sans nouvelles de sa petite-nièce, Harriet, depuis plus de trente-cinq ans. Henrik reçoit chaque année d'un expéditeur anonyme une fleur séchée sous verre qui lui rappelle ce funeste 22 septembre 1966, mais l'enquête est depuis longtemps au point mort et le corps n'a jamais pu être retrouvé. Lorsque Blomkvist, à son tour, se heurte à l'énigme de cette disparition et semble ne faire aucun progrès nous partageons sa frustration. C'est un procédé plutôt habile.

J'ai aimé également le cocktail de secrets de famille, de faits historiques, le côté "mystère de la chambre close" à la taille d'une île (la petite île de Hedeby où résident plusieurs Vanger - l'île s'appelle Hedebyön, ce qui veut tout bonnement dire "l'île de Hedeby").

Du côté des personnages mon enthousiasme est plus mitigé.

Lisbeth Salander est incontestablement la carte maîtresse du roman. Elle est une énigme à elle toute seule. Elle est superbement travaillée et Stieg Larsson lui a sans doute consacré beaucoup de temps.

Le journaliste Mikael Blomkvist (surnommé Super Blomkvist par des collègues un peu jaloux) est, d'après moi, moins intéressant. L'auteur a eu l'idée malheureuse d'en faire une sorte de piège à filles (salut, Dutronc). Et toutes sortes de filles, s'il vous plaît: depuis la working woman Erika, jusqu'à une grande bourgeoise oisive de 56 ans, en passant par une jeune femme à problèmes tatouée et percée des pieds à la tête, elles tombent toutes sous le charme d'un Mikael plutôt blasé. J'ai frémi d'inquiétude lorsque Mikael croise le chemin d'Isabella Vanger. Bon sang, elle a plus de 70 ans tout de même! Mais Isabella est une des rares à ne pas craquer pour le bellâtre châtain. Ouf. J'ai par contre failli éclater de rire lorsqu'un homme, dans une scène pourtant pleine de tension, s'attaque au slip du très peu consentant Super Blomkvist! C'est un peu beaucoup pour un seul personnage... on n'est plus très loin de OSS 117 dans le Grand Nord.

Ces très courts passages qui semblent écrits par un adolescent n'occupent heureusement que quelques paragraphes sur un total de 575 pages.

Ce n'est là qu'un défaut, somme toute mineur, dans un pavé plein de bonnes surprises et de suspense. En prime la couverture est superbe, ce qui ne gâte rien. Un très bon polar.

* * *
D'autres avis (que je peux désormais lire!)

Kathel a bien aimé, sans plus. Soie en a fait un coup de cœur. Nancy est enthousiaste ("je dis chanceux! à ceux qui ne les ont pas encore lus! Des heures de plaisir à venir" - héhé! je fais partie des chanceux, il me reste encore les volumes 2 et 3).

mercredi 23 décembre 2009

Wednesday the Destroyer & Millénium


Je n'avais jamais encore regardé attentivement la couverture du premier volume de Millénium (Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson, éd. Actes Sud).

Il s'agit d'un portrait de la jeune actrice Christina Ricci dans le rôle de Mercredi Addams, alias Wednesday Addams en VO (à droite, photo dailymail.co.uk).

Le portrait -intitulé Wednesday the Destroyer- est une réalisation d'Isabel Samaras, comme le mentionne la page de copyright (à gauche, photo astrocat.com). Il représente la fille aînée de Morticia et Gomez Addams, ornée d'un collier fait avec des têtes de poupées Barbie (ou autre marque du même genre).
La référence est peut-être plus facile pour des Canadiens que pour nous autres Français qui connaissons moins la ténébreuse famille.

Le portrait de "Mercredi la destructrice" est un clin d'œil à une divinité exotique, probablement Kali qui est parfois représentée avec des colliers un peu bizarres (image Wikipedia).

Mercredi Addams était mon personnage préféré dans les deux films réalisés au tout début des années 90 (La famille Addams et Les valeurs de la famille Addams). Je suis content, bien qu'un peu surpris, de la retrouver sur le premier tome de Millénium.

Wednesday Addams, devenue adulte, serait-elle partie vivre à Stockholm sous le nom de Lisbeth Salander? ;-)

lundi 21 décembre 2009

Mise en images - Wallander & Millenium

La BBC a tourné de nouveaux épisodes tirés de la série Kurt Wallander de Henning Mankell - voir Nordic Bookblog qui reprend une info de l'ambassade de Suède à Londres.

Les Britanniques pourront voir le premier des trois téléfilms, Faceless Killers (Meurtriers sans visage) le 3 janvier.

J'en appelle à la Reine (qui est aussi reine du Canada) : faites envoyer les bobines à la CBC par la valise diplomatique, votre Majesté!

Nordic Bookblog se fait également l'écho d'une nouvelle qui circule un peu partout: Hollywood (plus exactement Sony Pictures) serait en train de négocier afin de tourner sa propre version de Millenium, la trilogie de Stieg Larsson. La nouvelle en français se trouve par exemple sur le site du Parisien.

En attendant on peut toujours se régaler de cette hilarante parodie du 7e Sceau d'Ingmar Bergman, par French & Saunders. Oh noooo!... I just can't find the teabags.

vendredi 23 octobre 2009

Vague nordique: ça continue

The Guardian en est tout surpris: les Américains, qui sont connus pour bouder les traductions, ont fait une place à Stieg Larsson et Arnaldur Indridason lors du dernier Bouchercon: Nordic writers sweep the board in US crime awards.

Le premier volume, The Girl With the Dragon Tattoo, a récolté l'Anthony Award du Best First Novel.

Le triomphe posthume de Stieg Larsson se poursuit ailleurs dans le monde. Le troisième volume a ainsi battu des records en Espagne, avec 200.000 exemplaires vendus en une journée (le chiffre me semble énorme, mais c'est bien ce qui est indiqué dans cette brève publiée par Dagens Nyheter, voir aussi l'article initial de Svensk Bohhandel). Chacun des volumes de Millenium s'est vendu autour du million d'exemplaires. Ce succès ouvre la route à d'autres auteurs. Les traductions espagnoles de Johan Theorin et Arne Dahl (entre autres) sont en cours.

* * *

Quelques jours après le Bouchercon, sur les bords de la Tamise cette fois, Johan Theorin était accueilli avec les honneurs et se voyait remettre The CWA John Creasey (New Blood) Dagger 2009 pour son premier roman Echoes from the Dead (Skumtimmen, traduction en anglais Marlaine Delargy).

Les jurés ont vu dans L'heure trouble "ett kraftfullt och gripande drama med en enastående upplösning" [un drame fort et émouvant avec un extraordinaire dénouement].


L'auteur, qui vit à Göteborg, a déclaré au Göteborgs Posten qu'il était très, très content, mais se demandait s'il serait autorisé à ramener dans l'avion le trophée... en forme de dague.

Nous apprenons aussi dans cet article que Johan Theorin vient tout juste de terminer son troisième roman, qui devrait sortir en avril en Suède et s'intitulera bien Blodläge (le terme est un peu macabre car on pourrait le traduire littéralement par "site du sang" -c'est du moins ainsi que je le comprends- mais il désigne en fait une strate de calcaire très rouge que l'on peut trouver sur l'île d'Öland).

Pour les lecteurs francophones il faudra sans doute attendre l'hiver 2010-2011.